
La Coalition des Femmes Leaders en Région tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire du pays et interpelle directement le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ainsi que les membres de son gouvernement sur la nécessité de respecter les engagements pris dans le cadre de la transition.
Dans un communiqué publié ce mardi 22 septembre, la Coalition se dit préoccupée par la « détérioration continue » de la sécurité à travers le pays. Elle évoque la multiplication des actes de violence dans la capitale et dans plusieurs régions, dans un contexte marqué par une forte précarité de la population.
Des engagements jugés insuffisamment respectés
La Coalition estime que les priorités annoncées par le gouvernement peinent encore à produire des résultats tangibles. Elle déplore notamment la persistance des actes criminels, citant les enlèvements à Delmas et les violences meurtrières rapportées à Kenscoff.
L’organisation attire également l’attention sur le blocage de plusieurs routes nationales, qui entrave la circulation des personnes et des biens, ainsi que sur les conditions de vie des personnes déplacées dans les centres d’accueil.
Selon la Coalition, la signature du pacte avec le gouvernement reposait notamment sur l’espoir de voir les autorités renforcer leurs efforts pour rétablir la sécurité et créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections jugées fiables.
Elle considère toutefois que les résultats observés jusqu’à présent, ainsi que l’absence d’une feuille de route suffisamment claire, fragilisent la confiance de la population dans la conduite de la transition.
Des interrogations sur la sécurité des élections
Alors que le gouvernement et le Conseil électoral provisoire poursuivent les préparatifs électoraux, la Coalition des Femmes Leaders en Région demande des clarifications sur les conditions dans lesquelles le scrutin pourra se dérouler.
L’organisation s’interroge particulièrement sur les mesures qui seront adoptées pour assurer la sécurité des électeurs et électrices, mais aussi celle des femmes candidates, qu’elle considère comme particulièrement exposées aux violences et aux intimidations durant la période électorale.
Six demandes adressées au gouvernement
Face à cette situation, la Coalition formule six principales demandes aux autorités. Elle réclame notamment la publication, sans délai, d’une feuille de route sécuritaire accompagnée d’objectifs et d’un calendrier précis.
Elle demande également le rétablissement de la circulation sur les axes routiers stratégiques, un traitement digne des personnes déplacées et la publication des mesures prévues pour sécuriser le processus électoral.
La Coalition insiste en outre sur la nécessité de garantir la participation et la protection effective des électeurs ainsi que des femmes candidates, avant, pendant et après les élections. Elle appelle enfin le gouvernement à rendre régulièrement compte à la population de l’état d’avancement des engagements pris.
« Le pays ne peut plus se permettre d’attendre »
Dans son communiqué, la Coalition estime que la situation est critique et appelle le Premier ministre et son gouvernement à « prendre la pleine mesure de la situation » et à produire des résultats concrets.
Elle rappelle que le mandat confié au gouvernement ne saurait, selon elle, être considéré comme un blanc-seing, mais implique des résultats, de la transparence, de la concertation et une gestion orientée vers le bien commun.
La Coalition des Femmes Leaders en Région prévient enfin qu’en l’absence d’une réponse rapide, crédible et conforme aux engagements de la transition, les autorités devront « en assumer les conséquences ».
Le communiqué est signé notamment par Mena Miralda Jameau, coordonnatrice, Agenor Yanick Auguste, secrétaire générale, Langeda Dabelus, responsable des relations publiques, ainsi que Sylmatha Pierre et Johanne Jean, conseillères.
