
Dans une publication sur son compte X, l’ancien député Deus Deronneth a dressé un tableau préoccupant de la situation actuelle en Haïti, en s’appuyant sur des données de 2025 provenant de l’UNICEF, du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’ONU et de la Banque mondiale. Selon ces chiffres, environ 1,3 million de personnes sont déplacées, plus de 5 600 personnes ont perdu la vie, près de 60 % de la population n’a pas accès à l’eau potable, tandis que près de 2 millions d’enfants restent privés d’école.
À ces indicateurs s’ajoutent une inflation dépassant 25 %, plus de 40 % de la population vivant avec moins de 2,15 dollars par jour, et près de 6,5 millions d’Haïtiens confrontés à l’insécurité alimentaire. Un contexte qui, selon le coordonnateur de Concertation Nationale , illustre l’ampleur d’une crise qui dépasse largement la seule dimension sécuritaire.
Face à ce constat, Dr Deus Deronneth appelle à rompre avec une logique de gestion de crise et à engager une véritable dynamique de reconstruction nationale. « Face à cette réalité, il faut mettre fin au massacre. Cessons de diriger un pays détruit ; engageons-nous à le reconstruire », a-t-il écrit.
Au cœur de sa réflexion figure l’idée que la stabilisation d’Haïti ne pourra pas reposer exclusivement sur l’usage de la force. Pour lui, la négociation constitue une composante essentielle du retour à la sécurité et au rétablissement de la paix. Neutraliser « VIV Ansanm », soutient-il, nécessite non seulement des moyens sécuritaires, mais aussi une démarche politique fondée sur le dialogue.
Dans son analyse, cette coalition ne serait pas composée d’un seul profil d’acteurs. Deronneth évoque la présence d’exclus sociaux sans perspectives, mais aussi d’hommes de pouvoir, de commerçants corrompus et de réseaux d’affaires transfrontaliers. Cette lecture montre la complexité du phénomène et souligne, selon lui, que les réponses strictement militaires risquent d’être insuffisantes.
L’économiste estime qu’une véritable négociation pourrait ouvrir la voie à une meilleure coopération contre les réseaux criminels transnationaux et contribuer au démantèlement des circuits de financement de la criminalité organisée. Elle pourrait également favoriser l’isolement des acteurs les plus violents tout en offrant une possibilité de réintégration à ceux susceptibles de s’éloigner de la criminalité dans le cadre d’un processus de paix durable.
Au-delà du débat sur les moyens à privilégier, cette prise de position relance une question centrale pour Haïti : comment construire une paix durable sans traiter simultanément les causes politiques, économiques et sociales qui alimentent l’instabilité ?
Jacmel info
