
Sud, Haïti -Le regroupement Jistis pou Gran Sid monte au créneau sur les conditions dans lesquelles se prépare le processus électoral de 2026-2027. Dans une déclaration rendue publique le dimanche 6 septembre 2026, l’organisation critique plusieurs dispositions électorales, dénonce l’insécurité persistante et appelle à des mesures susceptibles de garantir la participation des citoyens et la crédibilité du scrutin.

Jistis pou Gran Sid estime que certaines exigences imposées aux candidats constituent des obstacles importants, particulièrement pour ceux issus de la classe moyenne et des milieux ruraux. L’organisation cite notamment les frais liés à la candidature ainsi que la multiplication des documents administratifs et financiers exigés par les autorités électorales.
La question sécuritaire occupe également une place centrale dans la déclaration. Le regroupement déplore l’absence, selon lui, de mesures suffisantes pour protéger les populations et les candidats dans les zones confrontées à la violence des groupes armés. Il considère que l’insécurité risque de compromettre la participation populaire et de favoriser le boycott du processus électoral.

Des critiques contre la gouvernance de transition
Jistis pou Gran Sid adresse aussi de vives critiques au gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, lui reprochant notamment son incapacité à améliorer la situation sécuritaire et à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles.
L’organisation dénonce par ailleurs ce qu’elle considère comme un manque de transparence dans la gestion des ressources publiques consacrées au processus électoral. Elle questionne notamment les financements annoncés ou débloqués pour les consultations électorales et demande davantage de clarté sur l’utilisation de ces fonds.

Le regroupement critique également le rôle attribué à certains acteurs internationaux dans les discussions entourant les élections, en appelant au respect de la souveraineté nationale et à une plus grande implication des acteurs haïtiens dans les décisions concernant l’avenir politique du pays.
Des revendications pour le prochain scrutin
Dans sa déclaration, Jistis pou Gran Sid formule plusieurs demandes à l’attention des autorités électorales et gouvernementales. Le regroupement réclame notamment la mise en place d’un centre de tabulation dans chaque département, afin que les résultats puissent être publiés au niveau départemental et permettre un meilleur contrôle du processus.
Il demande également aux autorités de renforcer la sécurité sur les routes et dans les zones à risque avant les élections, tout en appelant la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti à assumer pleinement leurs responsabilités en matière de sécurité.

Sur le plan économique, l’organisation exhorte le gouvernement à agir sur le prix du carburant et à renforcer les contrôles contre le trafic de marchandises, la contrebande et d’autres activités illégales qui, selon elle, aggravent les difficultés économiques de la population.
« Le moment est venu d’avoir un gouvernement légitime »
Pour Jistis pou Gran Sid, la période de transition ne doit pas se prolonger indéfiniment. Le regroupement estime que les autorités actuelles doivent créer les conditions permettant au peuple haïtien de choisir ses dirigeants à travers des élections crédibles et transparentes.
« C’est le bon moment pour avoir un gouvernement légitime », soutient l’organisation, rappelant que les élections constituent, selon elle, la voie constitutionnelle permettant d’établir un pouvoir légitime.
La déclaration est signée notamment par Carsendre Salomon, Constant Bernardin et Jean Jérémie, respectivement porte-parole, coordonnateur et secrétaire général du regroupement.
À travers cette prise de position, Jistis pou Gran Sid entend ainsi attirer l’attention sur les difficultés qui pourraient, selon lui, fragiliser le processus électoral en cours et appelle les autorités à prendre des mesures concrètes avant la tenue des prochaines élections.
Jacmel info
