Le Groupement des Éducateurs pour une Nouvelle Éducation dans le Sud-Est (GENESE) a organisé une conférence de presse à Jacmel à l’occasion de la Journée nationale des enseignants, célébrée le 17 mai. À travers cette prise de parole, l’organisation a rendu hommage au courage et à la détermination des enseignants haïtiens tout en dénonçant les conditions difficiles dans lesquelles ils évoluent depuis plusieurs années.
Dans son intervention, le coordonnateur de GENESE , M. Jackson Pierre affirme que cette journée, qui devrait être un moment de joie et de reconnaissance pour les éducateurs, est devenue au contraire un symbole d’humiliation, de désespoir et de souffrance pour de nombreux enseignants du pays. Le syndicat estime que, depuis plusieurs décennies, le métier d’enseignant a perdu toute sa valeur dans la société haïtienne en raison des mauvais traitements infligés aux professeurs et du manque de considération des autorités.
Le regroupement critique également la présence de personnes non qualifiées dans le système éducatif, une situation qui, selon lui, contribue fortement à la dégradation de l’enseignement en Haïti. GENESE déplore aussi le manque d’espoir chez les jeunes diplômés ainsi que l’effondrement progressif des écoles publiques.
Par ailleurs,GENESE dénonce le non-respect de l’accord signé entre l’État haïtien et les syndicats d’enseignants concernant plusieurs revendications, notamment les nominations, les cartes de débit, les arriérés de salaire et l’alignement salarial. Plus d’un an après la signature de cet accord, GENESE affirme qu’aucune avancée significative n’a été enregistrée.
Le regroupement attire également l’attention sur les conséquences de la faim, de l’insécurité et de la vie chère sur l’apprentissage des élèves. Selon GENESE, de nombreux enfants fréquentent l’école sans avoir mangé, ce qui affecte gravement leur capacité de concentration et leur rendement scolaire.
Dans cette conférence de presse, les responsables de GENESE ont aussi dénoncé la faiblesse du salaire des enseignants. Ils rappellent que la Constitution haïtienne prévoit qu’un enseignant doit recevoir un salaire lui permettant de vivre dignement avec sa famille. Pourtant, selon l’organisation, certains professeurs qualifiés gagnent à peine 22 000 gourdes par mois pour un emploi à plein temps.
Face à cette situation, GENESE formule plusieurs revendications, parmi lesquelles l’alignement des salaires, la nomination de tous les enseignants qualifiés déjà présents dans les salles de classe, ainsi qu’une réforme du système de recrutement des enseignants. L’organisation propose notamment que seules des institutions spécialisées comme l’ENI, l’ENS et l’Université Publique puissent assurer la formation des futurs enseignants.
GENESE demande également à l’État de mettre en place un programme alimentaire dans toutes les écoles du pays afin d’aider les élèves à mieux apprendre et de soutenir en même temps la production nationale.
En conclusion, le regroupement lance un appel à l’unité de tous les enseignants du pays afin de poursuivre la lutte pour de meilleures conditions de vie et pour une véritable réforme du système éducatif haïtien. Selon les responsables de GENESE, seul un engagement collectif permettra d’apporter des changements durables dans le secteur de l’éducation.
